Endo Series

1 décembre 2020

L'accompagnement complémentaire et holistique de l'endométriose

Lorsque j'ai été diagnostiquée, j'ai fais le choix conscient de ne pas opter pour un traitement hormonal. Pourquoi ?

Car j'ai installé la contraception naturelle à indices combinés depuis mes 19 ans, et cela fait quelques années que j'initie une rencontre plus authentique avec mon corps. Je n'ai pas eu envie de me couper de mes sensations comme cela a pu être le cas dans le passé. Mais aussi parce que mes prises de pilule et ce même en différé et/ou en exploration de celle qui me conviendrait le mieux avant cela ont été chaotiques, allant jusqu'à me questionner sur ma condition mentale tant les fluctuations hormonales dues aux différentes prises influaient sur mon équilibre psychique et émotionnel.

Je précise ici qu'aucun jugement n'est émis sur les options qui se présentent à nous de par notre histoire ou notre parcours et celles que l'on choisit, on fait souvent du mieux que l'on peut avec les informations à notre portée. Je partage simplement mon expérience personnelle et le choix de faire autrement.

Ma mère, également atteinte, a été mise sous ménopause artificielle après sa première grossesse. Elle n'a jamais oeuvrer à la racine de la maladie, et certains tiraillements sont encore présents après le passage à sa ménopause naturelle.

En prenant cette décision, j'ai déposé l'intention de me guérir, et d'apaiser mes lignées. D'initier un chemin vers la maternité plus fluide, et un rapport à mon corps plus serein.

De par mon parcours en tant que malade, et en tant qu'accompagnante, j'ai eu envie de vous partager des axes qui me semblent essentiels à explorer pour avancer sur un chemin de rétablissement.

Les axes intéressants 1/6 :

L'Alimentation anti-inflammatoire.

Un.e naturopathe peut t'accompagner à installer des habitudes alimentaires adaptées à ton terrain et tes besoins personnels.

Le sans gluten et sans produits laitiers ne sont pas obligatoires, mais souvent recommandés, les idées reçues sont nombreuses concernant la vitalité dans l’assiette, on en retrouve autour du soja par exemple, est-il mauvais ? Les études ne l'affirment absolument pas. Cela va dépendre de tes ressentis, douleurs, de tes tissus cicatriciels, adhérences, du stade de ton endométriose, de son emplacement dans ton corps, de tes besoins et carences, de ta digestion et microbiote intestinal, tout cela est à prendre en compte.

Alors fais des tests, enlèves un produit qui semble te faire plus de mal que de bien, et puis observes. Si tu n'arrives pas à te faire une idée, consultes quelqu'un qui pourra t'aiguiller.

Petite apparté sur la nourriture locale, bio, fraiche etc... J'ai regardé un épisode de Missing Links sur Gaia qui parlait de ça et j'ai trouvé très pertinente la réflexion que je vais vous partager, on fait toujours de son mieux, avec les outils à notre disposition, alors si on me propose une nourriture moins "saine", ou "habituelle" par rapport à un régime alimentaire bien pensé, c'est que c’est ce qui se présente à moi, et je dois l'honorer tout autant, au lieu de me culpabiliser, à travers une phrase simple, et consciente des réalités d'une grande majorité de la population : Est-ce le mieux que je puisse m'offrir à ce moment présent ? Soyez bienveillant.e.s avec vous-mêmes, et avec les autres. Tout le monde n'a pas les mêmes moyens, et n'accède pas aux mêmes possibilités, être conscient.e.s de son privilège, c'est déjà un pas pour permettre à ceux qui ne l'ont pas d'en bénéficier, et d’installer une véritable convivialité autour de nos tables et nos façons de consommer.

Les axes intéressants 2/6 :

Faire circuler le sang, la matière, les fluides, et l'énergie dans ton bassin.

On observe souvent une stase chez les personnes atteintes d’endométriose et parfois une sensation d’être coupé.e du bas de son corps, comme une dissociation de la souffrance qui y est associée.

Ramener de la mobilité dans ton bassin ça peut se faire par de petits gestes simples et quotidien, ça c'est mon rayon si tu souhaites approfondir la question.

L'énergie et ta matière ont besoin de circuler et d'être drainés pour ne pas stagner et créer de la lourdeur et des inconforts dans ton ventre.

Apprendre à mobiliser ta structure corporelle et osseuse, c'est à la fois créer un vortex de mieux-être au quotidien, mais aussi appréhender un meilleur ancrage, une sensation d'assise dans ton corps.

Tes tensions musculaires, et/ou l'atrophie, peuvent avoir des conséquences importantes sur ton équilibre global, par rapport au poids que reçoivent tes organes génitaux, à leur maintien, leur espace. Réinvestir cette partie de ton anatomie, c'est agir à la fois vibratoirement, et physiologiquement sur tes douleurs et stagnations.

Les axes intéressants 3/6.

Approfondir la transmission transgénérationnelle et les symboliques émotionnelles.

Les symboliques de l'endométriose s'apparentent souvent au lien à la maternité, à la créativité, le foyer, au fait de trouver sa juste place, on peut aussi y retrouver le sentiment d'injustice, la colère (c’est un vaste sujet et elle se manifeste différemment pour chacun.e), la frustration, le besoin de fuir, de se protéger d'un danger permanent, la peur, la menace, le fait de ne pas être en accord avec son héritage et tant d'autres (ce qui rejoint le fait de prendre sa place mais chaque subtilité est bonne à prendre), parce que ta biologie est intelligente et qu’il est dommage de faire des généralités. Ce sont des axes à approfondir pour réaliser qu'en fonction de l'avancement de ta maladie et de tes symptômes : kystes endométriosiques ou non, atteinte de l'isthme, atteinte colonique ou des voies vaginales, ou bien s'étendant à d'autres écosystèmes, elle va communiquer dans un langage qui lui est propre, en combinant ton histoire et tes expériences vécues.

Ça peut être intéressant par exemple de faire un arbre généalogique pour observer les pathologies, événements ou déséquilibres fréquents ou en lien au sein de ta lignée, et de le faire étudier à une personne qui pourra t'aider à y voir des reliances que tu ne ferais pas d'une première exploration.

Cela fait d'ailleurs partie de mes études en MTC et psychobiologie de ces 4 prochaines années. C'est un sujet passionnant qui relate le fait que la maladie sur un niveau inconscient est une solution à une problématique, un sur-stress initial vécu par ton corps et ton cerveau pour tout un tas de raisons. Au lieu de faire disjoncter l'ensemble de ton organisme qui réquisitionne des réserves qui commencent à manquer, il fait disjoncter une partie de ton organisme, souvent une partie portant une emprunte, un déséquilibre déjà présent, bien que parfois trop ténu pour que tu ne le notifies si tu ne t'accordes pas des temps de présence et conscience avec ton corps.

On en parle pendant les guidances individuelles en écologie de l’intime, parfois il suffit de s’octroyer quelques minutes par jour pour notifier une tension, une cristallisation, un « maillon faible » qui peut installer une perturbation pérenne dans le temps.

Les axes intéressants 4/6 :


Notre capacité d'adaptation aux situations stressantes.

On parle souvent du stress en séance d'accompagnement, et ce quel que soit la discipline (réduire le stress, s'octroyer des périodes de repos, s'autoriser des relaxations profondes de manière autonome ou par l'assistance d'un.e praticien.nne, favoriser un sommeil adéquate à notre rythme, apprendre à ne pas se surcharger mentalement et/ou physiquement grâce à certains outils).

Concrètement, qu'est-ce que cela veut dire, et pourquoi est-ce si important de développer cet axe ?

Dans mon post précédent, je vous parlais de psychobiologie, et de notre cerveau ainsi que sa gestion du stress, résultant parfois notamment en pathologies pour combattre un état de sur-sollicitation de notre sytème nerveux, jusqu'à l'épuisement de certains organes, fonctions, et ce, pour éviter l'ultime étape d'un épuisement : la mort.

Notre santé repose sur un pilier fondamental, notre capacité d'adaptation aux situations qui se présentent à nous, et aux émotions, pensées, schémas, actions qui les accompagnent, de manière conscience ou inconsciente.

Cette sur-sollicitation du système nerveux qui peut se traduire par de la nervosité, une tendance colérique ou agressive (la colère peut être saine, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dis, tout est toujours histoire de contexte), ou encore un état d'inquiétude constant, entrainent une atteinte du système immunitaire (bhen oui le système de défense, il se défend).

Lorsqu'on est atteinte d'endométriose, ce processus peut être un cercle vicieux. Notre terrain de base est fragilisé, notre adaptation aux situations stressantes peut s'en voir impactée, lors du diagnostic de la maladie, cela peut entrainer de la peur, la peur entrainant le stress, le stress facilitant l'inflammation, l'état devenant chronique, la pathologie s'installant parfois d'autant plus profondément.

Ce qui est alors intéressant est d'observer notre manière de réagir aux événements (et pour cela, je ne résumerais pas en un post toutes les techniques existantes, il n'y en a que trop, faites-vous confiance, si une thérapie avec un.e psychanaliste, ou psychothérapeute ne vous corresponds pas, rien ne vous empêche d'explorer d'autres techniques, de vous faire votre propre trousse à outils), sans oublier le fait d'épouser notre physiologie la plus juste (entretenir une mauvaise posture au quotidien peut devenir un stress pour notre corps, que ce soit à cause de tensions et contractures musculaires et tissulaires, d'un poids mal réparti sur certaines structures osseuses, d'un manque de mobilité), et d'apprendre à loger une sérénité qui nous soit propre au sein de notre corps, notre esprit, et notre coeur.

Ceci est loin d'être aisé, étant en tant qu'êtres humains vivant à notre époque sollicité.es fréquemment par les réseaux sociaux, l'actualité, la politique, et les circonstances nous impactant de près ou de loin, de par nos structures sociales, raciales, éducationnelles, ou de genre.

C'est pourquoi les groupes de soutien sont à mon sens essentiels à la préservation de nos vitalités, quels que soient leurs cadres. Ne restez pas sous silence (que ce soit à l'écrit ou à l'oral, par le langage des signes, et ou par le mouvement, exprimez-vous). Autorisez-vous à vivre vos émotions pour ne pas les stocker. À établir des limites saines pour vous protéger, et à accepter l'échange, et l'entraide.

Les axes intéressants 5/6 :

Réduire les perturbateurs endocriniens.

Nous sommes en contact permanent avec ce qu'on appelle les perturbateurs endocriniens.

Pour aller un peu plus loin sur le sujet, je vous rappelle ce dont il s'agit : Ce sont des substances ou un mélange de substances qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)-populations. Ça c'est la définition selon l'OMS.

Le système endocrinien c'est quoi ? C'est notre vie hormonale, intimement reliée à nos systèmes nerveux (SNC,SNA, périphérique, para/sympa). Ce qui veut dire que ces substances dont on parle de plus en plus à notre époque, et pour cause, car il est difficile de leur échapper, perturbent l'ensemble de notre équilibre vital. Ils sont présents dans l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons, et la nourriture que nous mangeons. Les choses sur lesquelles nous pouvons agir à notre échelle, et pour s'en protéger, autant que faire se peut, et en dehors d'un activisme écologique qui agit à réduire ces perturbateurs dans notre environnement, c'est se focaliser sur les objets de notre quotidien, les récipients, les produits que nous utilisons, sur lesquels nous avons un pouvoir d'achat et de consommation (individuel et collectif), et qui contiennent ces substances néfastes pour la vitalité de nos corps et nos esprits.

Peu de place au doute, lorsque les pathologies et déséquilibres hormono-dépendants se font de plus en plus nombreux.ses au sein de nos sociétés. Elles sont parfois inexistantes chez certaines populations autochtones vivant encore selon le règne du vivant, et souvent coupées des formes de technologies qui font partie de nos paysages sociétaux en Occident.

Réduire ces substances en initiant un changement dans sa manière de consommer et concevoir a un coût. Clamer que l'écologie (même intime) est l'affaire de tous.tes sans aucune réflexion sur les contraintes financières d'une majorité de la population est illusoire. Il est important de se rendre compte qu'il n'est pas automatique et aisé pour chacun.e de réaliser qu'il/elle peut mieux faire, en ayant la possibilité de mettre en place ces transmutations de façon quotidienne. Je vous invite vivement à si vous le pouvez, et souhaitez vous débarrasser de certains outils, ou produits (sans perturbateurs endocriniens, mais même avec, le fait d'acheter en seconde main permet à une grande partie de ces substances de s'être évaporées dans le temps, comme quand on achète un pull 100% synthétique qui a quelques années, cela réduit les perturbateurs) à le faire auprès de collectes indépendantes, en vous renseignant sur leurs capacités à gérer vos dons (la plupart de ces organisations sont débordées et beaucoup de "déchets" ou "réutilisables" finissent à la déchèterie). À donner aux personnes dans le besoin qui vous entourent, à partager de bons repas, et à participer à ces vies de quartier qui entretiennent des liens solidaires.

En cas d’endométriose, le ratio progéstérone-oestrogène est déséquilibré, on observe un trop plein oestrogénique qui participe à la prolifération des tissus endométriosiques et à l’inflammation. Réduire l’inflammation et retrouver un équilibre endocrinien permet d’agir au cœur de la maladie.

Les axes intéressants 6/6.


S'entourer en conscience.

Chaque endométriose est différente, et s’entourer sur un chemin de guérison à la fois d’un suivi médical et de pratiques complémentaires me semble essentiel. Cette pathologie est encore très peu reconnue scientifiquement, mais les études existant à ce jour montrent bien que l’endométriose peut être présente dès la vie fœtale, chez certains hommes, ou personnes nées sans utérus. Ce n’est donc pas toujours une histoire de menstruations, ou intime car les tissus endométriosiques peuvent se retrouver bien loin de la sphère gynécologique. Nous avons encore beaucoup à apprendre, mais la piste embryologique demande à être creusée.



Quels sont nos outils de suivi actuels ?


Suivi médical :

Avant le diagnostic, l’errance peut être longue face à des interlocuteurs non spécialisé.e.s et/ou formé.e.s à prendre en charge une endométriose. Beaucoup sont victimes de violences et/ou invisibilisations et/ou dérisions lors d’un rendez-vous avec un.e gynécologue ou un.e médecin. Ce phénomène nous éloigne souvent d’une notion de confiance dans le corps médical. Faute d’être traité.e.s avec respect et/ou décence, nous préférons parfois ne plus consulter pendant plusieurs années. Il est important de trouver un personnel médical, qualifié et bienveillant pour établir et suivre votre diagnostic. Radiologues et échographes spécialisé.es, gynécologues, sages-femmes. Il existe aujourd’hui des listes comme Gyn&Co pour avoir une vue d’ensemble de praticien.ne.s certifié.e.s de confiance par des patient.e.s.

Nourrir son autonomie :

Malheureusement, le corps médical ne nous apporte pas de solutions en dehors des traitements hormonaux ne permettant absolument pas d’agir au cœur de la maladie.

Pour cela, réduire ses symptômes, améliorer son bien-être quotidien, et agir à la racine de nos problématiques personnelles, il y a toutes les pratiques complémentaires permettant de comprendre son corps, les liens à son histoire, et de se proposer une plus grande conscience nous permettant d’installer des routines réfléchies et adaptées pour prendre soin de nous, et avancer sur notre chemin de guérison. Ici aussi, le risque de tomber sur quelqu’un.e de mal attentionné.e et/ou tout simplement incompétent.e est entièrement possible. Restez toujours alertes. Écoutez-vous. Ne vous laisser ni manipuler par l’autorité médicale, ni par l’attirance à l’ésotérisme ou l’holistique. Trouver des praticien.ne.s tolérants, bienveillants, ayant une intelligence de vie et d’esprit pour vous accompagner est primordial.

Faites-vous confiance pour créer votre propre écosystème de soignant.e.s et accompagnant.e.s. Sachez qu’il n’est pas obligatoire de voir la même personne de manière répétée, dépendant les pratiques, il peut y avoir un intérêt, mais c’est parfois tout aussi utile d’acquérir son autonomie par différents axes, et des explorations multiples et incarnées.

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